Liste des jugements :
2 mars 2006, le Tribunal Administratif de Rennes (N° 022895)
reconnait la causalité entre une vaccination contre l'hépatite B et l'apparition d'une polyradiculonévrite survenue
un mois après la seconde injection vaccinale chez le Dr. Michel G. médecin salarié de l'hôpital de Saint-Brieuc. Du
fait du caractère obligatoire de cette vaccination, l'État est condamné à verser une indemnisation de 524.847 € à
la victime.
9 mars 2007, le Conseil d'État (contentieux N° 267635) reconnait
l'accident de service et le lien de causalité entre un rappel de vaccination contre l'hépatite B, réalisée à titre
obligatoire chez Mme Nadine S. infirmière, et l'apparition d'une névrite optique, puis 5 ans plus tard, d'une SEP
débutant deux mois après une injection d'un nouveau rappel vaccinal réalisé dans le cadre de sa profession au CHG
de Sarreguemines.
9 mars 2007, le Conseil d'État (contentieux N° 278665) reconnait comme maladie professionnelle la
polyarthrite rhumatoïde apparue, chez Mme Carole S. assistante sociale à la commune de Grenoble, 2 mois après une
vaccination obligatoire contre l'hépatite B avec une rechute de ses symptômes articulaires très peu de temps après
un rappel vaccinal effectué l'année suivante qui lui avait été imposée par son employeur.
11 septembre 2007, le Tribunal des affaires de Sécurité Sociale de Valence (Décision 2007/0548)
reconnait la notion d'accident du travail pour une myofasciite à macrophages apparue dans les quelques mois qui ont
suivi une vaccination obligatoire contre l'hépatite B chez Mme Marie-Claude V. employée au centre de planification
du Centre Hospitalier de Montélimar.
4 juillet 2008, le Conseil d'Etat (contentieux N°299832) reconnait la causalité directe d'une vaccination
contre l'hépatite B et l'apparition, chez Mme Anne-Marie A. secrétaire médicale au CHU de Lille, d'une SEP apparue
deux mois après une quatrième injection d'une vaccination qui lui avait été imposée par son employeur.
11 juillet 2008, le Conseil d'État (contentieux N° 289763) reconnait l'imputabilité d'une vaccination contre
l'hépatite B, réalisée chez Mme Jeannine A. infirmière, dans l'apparition d'une sclérose latérale amyotrophique
apparue dans un bref délai après trois injections vaccinales obligatoires du fait de sa profession.
24 octobre 2008, le Conseil d'État donne raison à Mme
Bernadette M. victime d'une sclérose en plaques apparue 6 à 7 semaines après une vaccination rendue obligatoire
dans le cadre de sa profession. Pour plus de détails, lire l'article sur le lien http://www.rajf.org/spip.php?article3163
18 février 2009, Mme Véronique A…reçoit une
vaccination contre l’hépatite B en tant qu’institutrice spécialisée en IME. Après le rappel réalisé en 1994,
appariassent rapidement des signes de SEP. Le Conseil d’Etat (N° 305810) annule l’ordonnance du juge des référés
de la cour administrative d'appel de Paris du 27 avril 2007 et celle du juge des référés du tribunal
administratif de Melun du 1er septembre 2006 qui refusaient toute indemnisation. Il lui est accordé une
provision de 30.000 €.
19 mars 2009, Mme Béatrice BE…était agent
du CCAS de Biscarosse en tant qu’aide à domicile pour personnes âgées et avait dû se faire vacciner contre
l’hépatite B en 1997. Elle avait développé peu de temps après une SEP qui s’est fortement accentuée en 2000,
l’obligeant à interrompre son emploi et aboutissant à un IPP de 70%. Un premier jugement du Tribunal
administratif de Pau avait condamné l’Etat, en 2007, à l’indemniser à hauteur de 152.000 €.. La cour d’appel
administrative de Bordeaux lui accorde dans son jugement (N° 07BX01319) une indemnisation portée à 177.103
€.
25 juin
2009, jugement de la Cour administrative d’appel de Marseille
( N°
08MA03804)en faveur de Mlle Alice PA…étudiante en BTS diététique, chez
qui une vaccination obligatoire avait été imposée et qui avait vu survenir l’apparition secondaire, dans les 15
jours suivants, d’une SEP. Une première offre d’indemnisation jugée insuffisante en 2004 avait été contestée
auprès du Tribunal Administratif de Montpellier qui lui accorde une somme de 18.500 €, somme à nouveau
contestée. La cour d’appel accorde finalement ce jour, une indemnisation de 31.500 €. L’Etat n’a pas déposé de
pourvoi auprès du conseil d’Etat.
LE VENT TOURNE ! Le 9 juillet
2009, la Cour de Cassation a confirmé un jugement de la Cour d'appel de LYON qui reconnaissait un lien de
causalité entre une vaccination contre l'hépatite B réalisée en 1997 et une SEP apparue chez Mme K. moins de deux
mois après l'injection d'un vaccin GenHévac B (Pasteur MSD), considéré comme "produit défectueux"
Lire l'article du Républicain Lorrain du 8 septembre
2009.
24 juillet 2009,le Conseil d’Etat rejette le
recours du Ministre de la Santé et annule l’arrêt de la Cour Administrative d’Appel de NANTES du 29.12.2006 qui
annulait lui-même le jugement du Tribunal Administratif de RENNES
du 2.03.2006. Ce premier jugement avait condamné l’Etat à indemniser un médecin pédiatre, le Dr Michel G…, en
réparation de la polyradiculonévrite développée à la suite d’une vaccination contre l’hépatite B et cette
première décision est donc désormais reconnue définitivement.
11 septembre 2009, rejet par la Cour d'Appel de Paris
de la demande d'indemnisation de M. Abdelkrim GACEM, victime d'une SEP apparue progressivement dans les semaines
suivant une injection de vaccin Engérix B. L'argumentation de la Cour d'appel pour motiver son rejet reposait
sur l'absence de démonstration préalable de l'imputabilité du dommage considéré (la SEP)
au produit considéré (le vaccin).
Or cette décision va à l'encontre de la jurisprudence de la cour de Cassation du 22 mai 2008 qui précise bien que
cette preuve "peut résulter de présomptions pourvu qu'elles oient graves précises et concordantes".
Un (second) pourvoi justifié en Cassation est donc en cours pour ce dossier comme l'explique très bien le
Professeur de Droit, Philippe BRUN, dans sa consultation que
l'association REVAHB lui a spécifiquement demandé. Ce même cas de figure est
également
expliqué par le Pr Philippe BRUN dans un article du même
auteur dans le Recueil Dalloz 2011p. 316 "Raffinements ou faux-fuyants ? Pour sortir de l'ambiguïté dans le contentieux du
vaccin contre le virus de l'hépatite B (à propos d'un arrêt de la Cour de Cassation du 25
novembre 2010)"
10 décembre 2009 : Arrêt de la Cour de Cassation de la
sécurité sociale qui confirme l'arrêt favorable de la Cour d'appel de Rouen en faveur de M. Didier L.., conducteur
de bus au Havre. Celui-ci avait été vacciné en 1998 et 1999 à la demande de son employeur et avait commencé à
développer des symptômes de myofasciite à macrophages en 2002. Le jugement de la Cour de Cassation confirme que
pour son cas précis "la myofasciite à macrophages et ses conséquences cliniques devaient être prise en charge au
titre du risque professionnel".
28 décembre
2009, Mme Marlène LE… avait contesté une offre d’indemnisation de
l’Etat accordée en 2001 pour l’apparition d’une SEP entrainant une paraplégie, dans les deux mois suivant une
vaccination obligatoire étant alors employée du service des urgences de la Clinique St-Jean Languedoc de
Toulouse. Le Tribunal Administratif de Toulouse lui avait octroyé en première instance, une indemnisation de
453.000 € par un jugement en date du 28.12.2007. Le jugement auprès de la Cour Administrative d’appel de
Bordeaux (N° 08BX00610)vient confirmer le droit à cette indemnisation qui est
majorée à hauteur de 1.270.450 € et y incluant une rente annuelle pour tierce personne accordée par le premier
jugement. Pas de dépôt de pourvoi ultérieur de l’Etat.
16 avril 2010, le Conseil d'Etat (N°
320368) accède à la demande de Mme A... qui demandait l'annulation
du jugement du 12 juin 2008 de la cour administrative de Nantes. Mme A est atteinte d'une SEP contractée
après une vaccination contre l'hépatite B reçue du fait de ses fonctions d'aide-soignante au CHR d'Orléans.
Le Tribunal administratif d'Orléans avait reconnu dans un premier temps la responsabilité de l'Etat tandis
que la cour d'appel de Nantes avait rejeté ensuite toute indemnisation à Mme A. L'affaire est renvoyée devant
la cour administrative de Nantes par le Conseil d'Etat pour un vice de procédure (absence de communication
des écritures à la Caisse des dépôts et consignations)
5 mai 2010 : Le Conseil d'État (décision 3244895) confirme la
décision de la cour administrative d'appel de Bordeaux en faveur de Monsieur Frédéric B. qui avait développé en
1994 une SEP dans les semaines suivant un rappel de vaccin contre l'hépatite B qui était alors obligatoire du fait
de sa qualité d'élève-infirmier militaire. La plus haute juridiction administrative rejette donc le recours du
Ministère de la Santé et impose à l'État d'indemniser à hauteur de 201 371 € la victime de cet effet indésirable
post-vaccinal comme l'avait déjà déclaré la cour d'appel de Bordeaux, contrairement à un premier jugement du
Tribunal administratif de Pau.
1er juin 2010 : Le Tribunal de grande instance d'Orléans vient de reconnaitre un lien de causalité entre une
vaccination contre l'hépatite B et le développement en 1996 d'une SEP (sclérose en plaques) chez Madame Alexandra
X. Il ne s'agissait pas d'une vaccination obligatoire mais Alexandra X. avait décidé de se faire vacciner, sous
l'influence de la campagne médiatique excessive de l'époque (transmission par la salive), craignant de contracter
une hépatite B à la cantine. Le laboratoire GlaxoSmithKline-Beecham a donc été condamné mais devrait probablement
faire appel de cette décision.
22 octobre 2010: Le Conseil d'État rejette le
pourvoi déposé par le Ministère de la Santé contre la décision du Tribunal de la cour administrative de
Basse-Terre (Guadeloupe) du 25 juin 2009 en faveur du Dr M.MAR…Ce cardiologue, tenu à l’obligation vaccinale
contre l’hépatite B, avait en effet développé un lupus dans les semaines suivant cette vaccination. On peut lire
ici le
conte-rendu de ce rejet. Le compte-rendu intégral du délibéré du Tribunal administratif est disponible sur
demande pour nos adhérents.
25 novembre 2010,jugement défavorable de la
Cour de Cassation (arrêt N°1060) qui rejette le pourvoir de Mme F.X. atteinte en 1995 d’une SEP ayant débuté une
quinzaine de jours après la troisième injection du vaccin Gen-Hévac B. La Cour d’Appel de Paris l’avait
précédemment déboutée le 19 juin 2009 de sa demande d’indemnisation auprès du laboratoire Sanofi-Pasteur-MSD.
Les juges ont estimé qu’en
l'absence de consensus scientifique en faveur d'un lien de causalité entre la vaccination et les affections
démyélinisantes, il
n'était pas établi de corrélation entre
l'affection de Mme X... et la vaccination. Contrairement à un jugement précédent (arrêt N° 605 du 9 juillet
2009), les Juges ont considéré que cette absence de lien de causalité ne pouvait faire prendre en compte le fait
que la notice de présentation du vaccin litigieux injecté à Mme X... ne contenait pas l’information sur le
risque de SEP et pouvait donc ainsi présenter un caractère d'un produit défectueux. Cela démontre bien que les décisions sont rendues en
fonction des éléments de chaque dossier et que, malgré les similitudes qui peuvent sembler évidentes, nul ne
peut préjuger de l’issue d’une procédure.
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